Plan Eau – solutions fondées sur la nature : deux projets du bassin Loire-Bretagne récompensés
Le plan Eau met en avant les solutions fondées sur la nature pour améliorer la qualité des eaux et préserver la biodiversité. Depuis 2023, un jury national vient sélectionner les projets les plus emblématiques. En 2026, parmi les 12 lauréats, deux projets du bassin Loire-Bretagne se distinguent : la restauration hydromorphologique de l’Airin à Savigny-en-Septaine (Cher) et la restauration transversale de la vallée du Borgnet (Ille-et-Vilaine).
La nature, alliée de la résilience des territoires
Face aux défis croissants imposés par le dérèglement climatique, le Plan Eau, lancé le 30 mars 2023, mise sur des leviers concrets pour une gestion sobre, résiliente et partagée de l’eau. Trois ans après, 100 % des 53 mesures sont initiées, dont 77 % mises en œuvre. La mesure 30 met à l’honneur les Solutions fondées sur la nature (SFN), en labellisant des projets exemplaires de restauration de zones humides, de renaturation ou de réhabilitation de cours d’eau (10 par grand bassin hydrographique, plus 10 en outre-mer).
Avec 33 lauréats sur trois éditions et un total de 70 projets exemplaires remontés depuis 2024, ce jury national apporte une contribution précieuse à la mise en valeur et au déploiement des SFN. Ces projets, portés par des collectivités, syndicats ou associations, sont répartis en six catégories :
- réduction des risques naturels,
- atténuation et adaptation au changement climatique,
- sécurité de l’approvisionnement en eau,
- développement socio-économique,
- santé humaine,
- sécurité alimentaire
Ils sont sélectionnés pour leur reproductibilité, leur impact environnemental et leur mobilisation locale.
Zoom sur les deux projets lauréats
Restauration hydromorphologique de l’Airin, d'une zone humide et zone d'expansion de crue (18)
Dans la catégorie « Réduction des risques naturels », le projet de restauration hydromorphologique du cours d’eau l’Airin, d'une zone humide et zone d'expansion de crue à Savigny-en-Septaine, a été distingué.
Porté par le syndicat mixte d'aménagement des bassins de l'Auron, Airin et leurs affluents (SIAB3A), il allie gestion des risques, restauration d’une mosaïque d’habitats humides et aquatiques favorisant la biodiversité, concertation exemplaire avec élus et riverains, et accueil du public.
Cours d'eau de l’Airin (avant travaux)
© SIAB3A
Le projet a consisté à restaurer la prairie humide de 2 hectares et d’y reconnecter l’Airin afin de créer une zone d’expansion de crue. Les berges ont été retalutées et 320 arbres et arbustes ont été plantés. Côté zones humides, des mares ont été créées ainsi que des noues d’écoulement. Un chemin pour les randonneurs le long du cours d’eau et autour de la zone humide a été mis en place. Des suivis faune et flore alimenteront l’évolution du site.
Coût total : 407 786 euros (dont 203 893 euros d’aides de l’agence de l’eau Loire-Bretagne).
Restauration transversale de la vallée du Borgnet (35)
Dans la catégorie « Atténuation et adaptation au changement climatique », la restauration transversale de la vallée du Borgnet (Ille-et-Vilaine) a été portée par l'Établissement Public Territorial de Bassin (EPTB) Eaux & Vilaine. En tête de bassin versant, ce projet avait comme enjeu principal l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.
Restauration transversale de la vallée du Borgnet (35)
© EPTB Eaux & Vilaine
Il a consisté à restaurer 2,4 km de cours d’eau, effacer un plan d’eau, déconnecter et réduire deux plans d’eau et restaurer 19 hectares de zones humides, avec infiltration des eaux pluviales. Une concertation forte avec les agriculteurs concernés et la collectivité a été menée afin de concevoir un projet à la fois ambitieux, intégrant les contraintes liées à la gestion des eaux pluviales urbaines et celles liées à la conduite des exploitations agricoles.
Résultat : un gain net pour la biodiversité (notamment amphibiens). Un protocole de suivi de la faune et de la flore est mis en place. Ce site est devenu vitrine.
Coût total : 733 270 euros (dont 365 000 euros d’aides de l’agence de l’eau Loire-Bretagne).
Un levier stratégique pour l’avenir
Ces projets enrichissent la carte nationale des sélections sur le site du ministère de la Transition écologique et la brochure ministérielle « Des solutions fondées sur la nature pour répondre aux enjeux du territoire ».
Parce que restaurer les fonctions naturelles des milieux aquatiques, c’est renforcer la résilience des territoires, préserver la ressource et protéger les populations.
Sandrine Gouin, chargée d’études biodiversité, direction des politiques d’intervention de l’agence de l'eau Loire-Bretagne
Sandrine Gouin
© Agence de l'eau Loire-Bretagne
« Les SFN répondent aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux. Elles améliorent le bien-être humain, les services écosystémiques, la résilience et la biodiversité. Avec 70 projets remontés depuis 2024, la mesure 30 du Plan eau fait de ces initiatives des démonstrateurs à grande échelle. 2026 était la dernière année de mise en place de cette sélection nationale. Toutefois, le travail engagé se poursuivra avec les agences de l’eau pour la remontée des projets exemplaires qui pourront être valorisés à l’échelle nationale et favoriser le déploiement de projets de qualité »
