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Agence de l'eau Loire-bretagne
L'eau potable
23/03/2010

Pour rendre l'eau potable, on lui applique des traitements variés qui obéissent tous au même principe : éliminer les éléments de matières contenus dans l'eau par étapes successives, jusqu'aux organismes microscopiques comme les virus et les microbes. Tout cela se fait dans une usine de production d'eau potable.

Qu’est-ce que l'eau potable ?
 
L'eau potable est une eau qui ne doit pas porter atteinte à la santé de celui qui la consomme.
Elle doit répondre à une série de critères, définis par la loi :
- paramètres organoleptiques (coloration, odeur, saveur, turbidité)
- paramètres physico-chimiques (température, pH, chlorures, sulfates)
- paramètres chimiques : substances indésirables, toxiques
- paramètres micro-biologiques
- paramètres micro-polluants
 
L'eau potable fait l'objet de nombreux contrôles sanitaires :
- au point de captage,
- en production,
- et en cours de distribution.
Ces analyses sont effectuées par les ARS (agence régionale de santé).
 
Le prélèvement de l'eau
 
L'eau que nous utilisons provient du réseau public d'eau potable. Celui-ci peut être alimenté par un cours d'eau, une nappe phréatique ou encore une source.
 
Les eaux de surface (cours d'eau, lacs, étangs), alimentées par le ruissellement des eaux de pluie, sont utilisées pour l'approvisionnement en eau d’une commune. Elles sont prélevées par captage au fil de l’eau, le plus souvent en amont de l’agglomération à desservir. Les prélèvements doivent être gérés de façon à concilier les débits du cours d’eau et les besoins des consommateurs. Des réseaux d’observation qui réalisent des études de qualité et mesures des débits, contribuent à cette gestion.
 
Les eaux souterraines proviennent de l'infiltration des eaux de pluie dans une couche de terrain perméable. Elles constituent alors une nappe aquifère. De qualité constante, elles bénéficient également, vis à vis des pollutions, d'une meilleure protection naturelle que les eaux superficielles. Elles peuvent être captées à leur exutoire ou directement dans le sous-sol par forage (ou puits). Leur exploitation se fonde sur l’étude des cartes hydrogéologiques qui localisent les gisements et représentent les niveaux d’eau estimés.Les eaux tant souterraines que superficielles doivent bénéficier d’une protection réglementaire. Celle-ci est obligatoire pour tous les points de prélèvement ne bénéficiant pas d’une protection naturelle efficace.
 
Le traitement de l'eau
 
La plupart du temps, l’eau prélevée dans le milieu naturel est impropre à la consommation. Chargée de sables, de débris de matières organiques ou minérales, de substances colorantes dissoutes, cette eau est rarement limpide. Elle peut aussi avoir un goût et une odeur désagréables.
 
Elle subit donc plusieurs traitements :
 
Le dégrillage et le tamisage consistent à faire passer l'eau brute dans des grilles plus ou moins fines, afin d'éliminer les gros déchets solides (déchets plastiques, branchages, cailloux, feuilles…).

La clarification permet de rendre l'eau limpide en la débarrassant des petites matières en suspension qu'elle contient. On injecte dans l'eau un coagulant (réactif chimique) qui provoque le regroupement (coagulation) des particules. Celles-ci s'agglomèrent les unes aux autres et forment des «flocons» : c'est la floculation. Sous l'effet de leur poids, ces flocons se déposent au fond des bassins de décantation.

La filtration sur lit de sable achève de clarifier l’eau en éliminant les derniers flocons. Elle consiste à faire passer l'eau à travers une épaisse couche de sable fin (80 cm à 1,50 m) disposée sur un plancher poreux ou une membrane. Les particules encore présentes dans l'eau sont alors retenues au fil de leur cheminement dans le filtre. Celui-ci est nettoyé régulièrement par envoi d'eau et d'air à contre-courant pour permettre aux flocons de se détacher des grains de sable et éviter ainsi les risques de colmatages.
 
La désinfection de l'eau, est la dernière étape indispensable pour la fabrication de l’eau potable. Elle élimine tous les micro-organismes qui pourraient être dangereux pour notre santé.
Cette désinfection finale est effectuée à l'ozone ou au chlore. L'eau est, à ce stade du traitement, potable. Afin d'éviter toute prolifération bactérienne, on maintient un léger résidu de chlore pendant le voyage dans le réseau de distribution, jusqu'au robinet.
 
 
Le traitement des boues
Les divers traitements, lavage des filtres purge des décanteurs…produisent des boues. Très minéralisées et cependant très liquides, elles ne peuvent être rejetées sans traitement préalable. Dans la plupart des cas, ces boues sont déshydratées, puis mises en décharge, épandues sur des champs agricoles ou envoyées vers une station de traitement des déchets (usines d'incinération).
 
 
La distribution de l'eau
Pour arriver chez chacun de nous, l'eau potable emprunte un circuit fait de multiples ramifications qui la conduit la plus souvent de l’usine de production d’eau potable jusqu’au réservoir d’eau (château d’eau par exemple), puis de ce dernier jusqu'à nos robinets.
En sortie d'usine de production d’eau potable, des pompes de refoulement acheminent l'eau potable dans le haut du château d'eau où elle est stockée. Son élévation assure une pression suffisante dans tout le réseau et permet ainsi d'avoir «l'eau courante». Les réservoirs et château d’eau représentent en outre, une réserve d'eau potable pour les heures de grande consommation.

La distribution de l'eau potable se fait au moyen d'un réseau de canalisations qui relient le lieu de production aux points de stockage et d'utilisation. Le réseau peut être « ramifié » (structure en arbre) ou « maillé » (structure en treillis). Les réseaux courent en France sur des milliers de kilomètres et demandent un entretien constant : on estime que les pertes sur le réseau d’eau potable représentent encore 30% du volume transporté.
 
 
Qui gère l'eau potable ?
 
En France la commune est administrativement responsable de la distribution d'eau potable. La moitié des communes ou des syndicats intercommunaux gère directement ce service. Les autres le délèguent par contrat à une société privée.

Dans le contrôle d’affermage (le plus courant), la collectivité réalise et finance les ouvrages de production et de distribution, puis elle confie l’entretien et l’exploitation à une entreprise. Les sociétés de distribution (publiques ou privée) assurent l'exploitation des usines de production d'eau potable, entretiennent en permanence le réseau, organisent la relève des compteurs qui permettent de connaître la consommation des usagers et effectuent des contrôles de qualité réguliers au départ de l’usine ainsi qu’aux points de stockage et de distribution.
 
Surveillance permanente

La qualité de l'eau est soumise à un double contrôle :
> Le contrôle des pouvoirs publics.
Il est effectué par la  ARS (agence régionale de santé), sous l'autorité du préfet, à partir de prélèvements réalisés sur tous les réseaux. Le but de ces contrôles est de vérifier la qualité de l'eau, avant et après traitement, et aux points de distribution.
Les résultats de ces analyses sont communiqués aux autorités locales, responsables de la qualité de l'eau.

> Le contrôle des sociétés de service des eaux.
Ces sociétés contrôlent en permanence la qualité de l'eau qu'elles distribuent et vérifient qu'elle correspond aux critères légaux. Elles s'appuient sur des techniques très rigoureuses et des outils très élaborés pour effectuer leurs contrôles tout au long du parcours de l'eau.
 
 
 
 
 
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